DELVAUX
L’ART EN BANDOULIÈRE
Iconique, imaginée dans des matières nobles et lignes intemporelles, la maroquinerie de prestige emprunte les mêmes itinéraires que les oeuvres d’art. Conçus et réalisés par des artisans possédant la maîtrise chevronnée de leur savoir-faire, les sacs sont présentés comme de véritables parures dans l’écrin de la boutique. Dans de subtiles mises en scène, ces sculptures nomades y posent, prennent la pose et s’exposent en éditions limitées. Pour Anne Derasse, ce fut une réelle joie d’être choisie par Jean-Marc Loubier, président de la maison Delvaux, pour intervenir dans ce magnifique hôtel particulier 27 boulevard de Waterloo à Bruxelles, tant sa démarche artistique entre en résonance avec la philosophie de cette prestigieuse marque. Ressurgissent alors en elle ces beaux souvenirs d’enfance, sachant qu’un sac que portait sa mère se transmettra un jour à sa fille.
À L’ANSE DE L’ÉPURE ET DE LA SOPHISTICATION
Jouant sur des effets théâtraux, Anne a réincarné le vocabulaire du grand salon de ce superbe hôtel particulier, en lui redonnant par ces teintes sourdes, mordorées et veloutées une ambiance à la fois d’écrin et d’apparat, contrastant avec les baies s’ouvrant vers les lumineux salons des façades avant et arrière. Chaque modèle exposé engage ainsi un dialogue intime entre histoire et contemporanéité, esthétique et exigence, avant-gardisme et tradition manufacturière, belgitude et universalisme comme l’illustre un des modèles iconiques de la maison Delvaux, le Brillant. Volubile dans sa déclinaison de couleurs et minutieux dans ses moindres détails, imaginé en 1958, année de l’Exposition universelle de Bruxelles, avec sa silhouette aussi audacieuse qu’épurée, il entre en correspondance avec ce décor comme un emblème. La plus ancienne maison de maroquinerie au monde et l’inventeur du sac à main, de surcroît Fournisseur Breveté de la Cour de Belgique, offre l’art de cultiver l’excellence comme une interprétation peu conventionnelle d’une oeuvre d’art.
L’ART EN LA MATIÈRE
La scénographie imaginée par Anne met en valeur par son dessin intemporel et poétique, des compositions architecturales où les pièces de maroquinerie se contemplent comme de véritables créations artistiques. Sensible aux valeurs empreintes sur la peau de ce pionnier de la maroquinerie, l’architecte d’intérieur a cherché à rendre hommage aux codes du patrimoine culturel de la marque traversant le temps. Dès le haut de l’escalier aux ferronneries majestueuses, le regard est attiré par un “mur de scène” qui emporte l’œil vers une perspective infinie. En invitant le vert bronze sur les murs et le cuir tissé en fond de vitrine, en rehaussant de teintes crayeuses les baies et bas-reliefs, en imaginant cet ample mobilier-présentoir central en velours de soie capitonné pour se poser ou contempler, le visiteur est immergé dans un univers fascinant.
